Les MMO, une réalité vraiment alternative?
Depuis la nuit des temps, l’homme en sortant de son état de nature (en édifiant une société pour s’assurer les bases minimales de la sécurité et de la coopération) s’échange des biens plus au moins nécessaires. Le troc (qui existe toujours dans plusieurs peuplades de la terre) fit place aux transactions monétaires et fiduciaires (monnaies et billets) dans un souci d’harmonisation et de facilité.
Faisons un bond en avant et penchons-nous sur les deux modèles économiques principaux qui se dégagent de nos jours : le capitalisme et le communisme. Les deux ont été testés dans plusieurs pays et ont connu des évolutions significatives et certaines dérives (la crise économique actuelle ou la famine en Corée du Nord nous le rappellent).
Il existe sur la toile internet un terreau intéressant et propice aux observations des instincts humains en la matière. Prenons n’importe quel MMO (jeu massivement multi-joueurs en ligne) au hasard et regardons de plus près. Le principe est de s’immerger dans un univers différent du notre et de jouer un personnage (avatar), de s’inventer une vie imaginaire et de faire des choses impossibles en vrai.
Je ne vais pas élargir la constatation qui suit aux autres univers imaginés par l’homme et que l’on retrouve tant dans les livres que dans les films mais lorsque l’on observe des groupes de joueurs qui interagissent, on remarque qu’invariablement ceux-ci reproduisent plusieurs caractéristiques de notre société.
Le lien entre des chasseurs de dragons et le libéralisme n’est pas très clair, je m’explique. Une fois que les joueurs se connectent sur leur univers fantastique préféré (et théoriquement différent du notre), ils créent d’instinct une base économique concernant les matières premières et les objets qu’ils trouvent. Il est intéressant de voir que la loi de l’offre et la demande s’impose naturellement aux esprits les plus imaginatifs comme choix économique, les prix fluctuant suivant la disponibilité d’un produit (rare ou monopolisé) et son utilité directe. Ainsi, personne ne s’étonne lorsque la bourse est le lieu le plus fréquenté d’une énorme capitale peuplée d’elfes et que des joueurs amassent des petites fortunes en spéculant. Il est d’ailleurs amusant de voir qu’une certaine mondialisation fait peur aux joueurs impuissants face aux « farmers » chinois (des joueurs, parfois automatisés, qui récoltent un type de produit en boucle et en masse), même le textile virtuel tremble.
La grande question finale est donc : l’humain est-il capable de concevoir une vraie alternative au monde réel ? Cela passe par la conception d’êtres imaginaires (qui sont souvent humanoïdes, pourquoi pas totalement fantaisiste comme les monstres de Lovecraft) ou de forme de pouvoir (les joueurs les plus forts dominent les joueurs les plus intelligents), voir de mode.