Burcaca
« La confirmation, ce week-end, de l’existence d’une note recommandant à la police fédérale de confier à des agents féminins le contrôle éventuel de personnes portant la burqa (cette tenue « traditionnelle » imposée aux femmes notamment par les talibans) relève de l’absurdie et d’un renoncement indigne de nos services publics face aux ennemis de la démocratie… et des femmes. Ainsi donc des missions ordinaires de sécurité de la police devraient être calibrées à raison de prescrits religieux d’un autre âge. Ainsi donc, des visages encagés de femmes-esclaves devraient échapper à la surveillance normale de policiers masculins qui, à moins que nous nous trompions, ne commettent pas d’offense en vérifiant la conformité d’un visage à un document d’identité.
La police fédérale annonce que cette note devrait être revue.
On aurait aimé entendre qu’elle résultait d’une erreur et qu’elle sera abrogée immédiatement. Et que les policiers appliqueront désormais sans atermoiement les règlements communaux qui interdisent de se promener masqué(e)s sur la voie publique. Et qu’en même temps, elles rappelleront que l’égalité procède d’un traitement indifférencié de chaque citoyen, à moins de désormais admettre que les médecins masculins seront exclus des soins à dispenser aux femmes « emburquées » ; que les filles de celles-ci bénéficieront de l’exemption des cours mixtes de natation. Face aux fanatiques religieux, une petite tolérance est ressentie comme un encouragement. Demain, au Soudan, une journaliste, engagée par l’ONU, recevra 40 coups de fouet pour s’être promenée en jeans. Celles que l’on tolère en burqa chez nous n’ont pas non plus le droit de porter des jeans… »
Marc Metdepenningen
Source : Journal Le Soir du lundi 03/08/2009, Humeur.
Fort heureusement, la note n'est plus et les policiers belges peuvent demander aux femmes portant la burqa de la retirer pour effectuer un contrôle.