Les jeux vidéo tuent!
Un nouveau fléau est apparu, encore pire que les jeux de rôle qui poussent les jeunes au suicide ou la musique rock qui détruit les valeurs familiales, voilà le temps des jeux qui transforment nos enfants innocents en monstres assoiffés de sang.
C’est ce que pense une partie de la population qui tente de faire passer des lois pour interdire tout simplement la vente de jeux violents aux plus jeunes ou parfois aux vieux aussi. Il s’agit d’ailleurs souvent des conservateurs et des plus ignorants sur la réalité du secteur (comme le prouve toute les confusions et mensonges que déblatèrent certains militants qui n’ont clairement jamais joués aux jeux qu’ils accusent). L’Australie et les USA essayent de le faire, l’Allemagne veut retirer des magasins les Killerspiele.
Prenons donc ce dernier exemple, il est assez effarant de constater que l’on accuse une jeune population de devenir psychopathe uniquement en se basant sur l’influence des jeux (la moyenne d’âge des joueurs est pourtant de 30 ans). Je rappelle que l’Allemagne a déjà une législation en la matière qui interdit en gros la violence réaliste (le sang ne peut pas être rouge, on ne peut pas écraser des piétons). Les divers hommes politiciens et avocats qui militent pour une interdiction des jeux matures oublient donc leurs propres lois ou pensent sottement que tuer des zombies dans l’espace incite aux massacres scolaires. Par contre, ces mêmes personnes trouvent la chasse sportive et virile ainsi que la détention d’arme normale. Je me demande si certaines tueries n’auraient simplement pas été évitées si les jeunes n’avaient pas accès aux armes à feu aussi facilement. Les pro-interdictions pensent donc que les jeunes perdent leurs valeurs et deviennent des tueurs professionnels en jouant.
Pourtant, les jeunes qui avaient des valeurs dans le dicton préféré des vieux « c’était mieux avant » n’étaient-ils pas embrigadés dans des mouvements violents qui les transformaient vraiment en tueurs sanguinaires (puisqu’on parle de l’Allemagne, songeons à la jeunesse hitlérienne). Il est de plus naïf de penser qu’un enfant peut réellement s’entrainer au tir via un jeu virtuel. Et c’est ce mot qui a de l’importance.
Ceux qui n’arrivent pas à cerner la différence entre la réalité et le virtuel n’ont-ils pas un problème psychologique depuis le début ? Une bonne éducation et une surveillance des jeux donnés aux enfants ne seraient-elles pas deux conditions logiques à un épanouissement serein ? Venir se plaindre que son gamin tue des vieilles dames sur sa console alors que le jeu s’adresse clairement aux adultes, n’est-ce pas de l’hypocrisie ? Plus troublant sont les parents qui ne comprennent pas la notion de virtualité, comme entendu dans un reportage d’Arte : « je ne comprends pas mon fils, pourquoi ne fait-il pas l’armée, c’est la même chose ». Non, tirer des balles sur des vrais gens et sur des représentations virtuelles, ce n’est pas pareil, POINT.

Image de Dyablo.
EDIT du 8 juillet 2009: L'Allemagne a finalement voté une interdiction des jeux violents dans les lieux publics pour une série de cantons. Adieu donc au lan-party, jeux en réseau des cybercafés et autres compétitions officielles.